En mode Taratata.

Publié le par Anthony L.

Mesdames et messieurs, je voudrais vous faire partager quelque chose.

"Il serait temps, franchement. Il ne fait rien de ses journées, c'est un fainéant fini, qui finira en crétin des Alpes, ce bon à rien !"

Étant la conséquence il y a de cela quelques mois d'un besoin profond, vital, cet appel de l'immobilisme apparemment improductif s'est révélé par la suite être une félicité suprême.

Je vous citerai (pour la deuxième fois, je le conçois) un passage de Qu'ai-je donc fait de Jean d'Ormesson :

"Je voudrais crier aux jeunes gens dévorés de l'envie de laisser un nom dans ce monde qu'il y a quelque chose de mieux que de voyager : c'est de ne rien faire. Il y a quelque chose de mieux que d'avoir des aventures : c'est d'en inventer. Il y a quelque chose de mieux que de s'agiter : c'est de s'ennuyer. "

Vous n'avez bien sûr pas le droit de le critiquer, c'est un académicien. Et toc.

Plus sérieusement, il apparaît comme primordial de devoir, une fois dans sa vie, s'ennuyer vraiment. Je tournerais cela à mon avantage, en disant que la plupart des êtres humains ont peur de s'ennuyer : peur de penser, peur d'être improductif, peur d'être montré du doigt. Mais puisque c'est, avant d'être cette félicité, un besoin humain, tout le monde s'ennuie. Et puisque cela est mal vu, tout le monde culpabilise.

Je vous affirme d'ores et déjà, mesdames et messieurs, que je m'ennuie sans culpabilité, et que cela fait de moi un être digne ! Et toc.

Plus sérieusement (oui, je sais...), l'ennui vous permet de vous poser réellement, et d'être libre. Par libre, j'entends de se lever le matin sans savoir quoi faire, et donc, presque par contradiction, de faire ce que l'on veut. Acquittés de toutes vos entraves, vous vivez réellement. Je ne vous parle bien évidemment pas de rester une larve dans son lit jour après jour, alternant entre débilité et état de comat profond. Non, je vous parle de faire ce qui plaît. De vous lever, d'aller lire, puis de vous promener, de vous asseoir près d'un arbre, de penser, rire, réfléchir. Être heureux.

Cela fait très cliché, c'est sûr, mais pourquoi avoir peur de ce genre de clichés ? Pourquoi avoir peur d'être heureux un petit moment ? Je vous citerai Alexandre Jardin, de son livre Le Zubial :

"Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d'être furieusement heureux. Oui, imaginez une seconde que vous n'êtes plus l'otage de vos peurs, que vous acceptez les vertiges de vos contradictions. Imaginez que vos désirs gouvernent désormais votre existence, que vous avez réappris à jouer, à vous couler dans l'instant présent. Imaginez que vous savez tout a coup être léger sans être jamais frivole. Imaginez que vous êtes résolument libre, que vous avez rompu avec le rôle asphyxiant que vous croyez devoir vous imposer en société. Vous avez quitté toute crainte d'être jugé. Imaginez que votre besoin de faire vivre tous les personnages imprévisibles qui sommeillent en vous soit enfin à l'ordre du jour. Imaginez que votre capacité d'émerveillement soit intacte, qu'un appétit tout neuf, virulent, éveille en vous mille désirs engourdis et autant d'espérances inassouvies. Imaginez que vous allez devenir assez sage pour être enfin imprudent."

L'onirisme fait partie intégrante de l'être humain. J'ai décidé de rêver véritablement, non pas comme le romantisme niaiseux et suicidaire, mais comme l'émerveillement de chaque instant, qui commence par le refus à court terme de toute contrainte, et l'acceptation à long terme de son bien être véritable.

Pour finir (ce qui devait être au départ la chair de cet article...), voilà une émission que j'ai découverte et qui vaut la peine d'être regardée. Grâce à elle, j'ai renoué avec la scène française qui offre un spectacle riche et vrai ; et avec la scène international, qui n'est quelques fois pas aussi pédante que l'on ne croit.

Commençons par un très beau duo entre Coeur de pirate et Julien Doré. La voix de monsieur ne servant qu'à soutenir celle de la demoiselle... Très beau.


Continuons par deux autres vidéos. La première étant un solo d'Olivia Ruiz, dont la folie côtoie la justesse avec un goût surprennant ; la seconde étant un duo entre elle et son compagnon, Mathias Malzieu, chanteur du groupe Dionysos (je vous conseille le très bon album La mécanique du coeur, ainsi que le livre du même nom, un régal de rêve et de magie) :




Puis une très belle prestation de KT Tunstall.


Une de Lady Gaga, qui au-delà de tous ces poncifs se trouve apparemment être une chanteuse hors du commun, une femme pleine d'humour, ayant un univers atypique, bien à elle.

Puis, pour finir, pour mon plaisir personnel : Scarlett Johansson, Relator (parce qu'elle est tout bonnement sublime :))

Et tout ça dans Taratata ! De quoi aller faire tour, le mercredi à 20h30 sur france4 ;)
 

Publié dans Culture

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