Âme humaine


    « Quand je vais vers les gens, il me semble que je suis le plus vil de tous, et que tout le monde me prend pour un bouffon ; alors je me dis : "Faisons le bouffon, je ne crains par votre opinion, car vous êtes tous, jusqu'au dernier, plus vils que moi !" Voilà pourquoi je suis bouffon, par honte, éminent père, par honte. Ce n'est que par timidité que je fais le crâne. Car si j'étais sûr, en entrant, que tous m'accueillent comme un être sympathique et raisonnable, Dieu, que je serais bon ! »

Les frères Karamazov
, de Dostoïevski.

 

Perso

Mardi 14 avril 2009
    Il marchait. Il marchait vers l’inconnu. Pour oublier ? Pour se souvenir ? Il ne savait pas vraiment. Il ignorait même si la destination était l’inconnu, cet étrange concept, différent pour chaque être, mais semblable à tous. Non, il marchait, il ne faisait que cela. Il ne fuyait rien, il n’approchait d’aucun but. Ce qu’il venait de vivre lui enlevait ce poids, cette chaîne. Il marchait en homme libre. Libre de toute contrainte, libre de toute espérance, peine, joie. Néanmoins, le prix à payer avait été terrible, à la mesure et à la démesure de ce qu’il vivait aujourd’hui.
    Vivre. Par quel critère peut-on affirmer que telle personne est en vie ? Est-ce l’apparence physique, cette illusion qui permet à tout être de se reconnaître parmi les siens ? Est-ce l’intellect, tous ces attraits moraux et abstraits que l’on ne peut vraiment qualifier, mais qui sont malgré tout reconnaissables ? Est-ce, donc, la culture et autres “je sais donc je suis” ? La fierté, le sens du devoir, le respect ? Ne serait-ce pas, finalement, uniquement ce coeur qui bat ?
    Vivre. Ce sentiment aux antipodes de ce qu’il ressent, mais qui procure la même sensation de liberté. Se sentir vivant. Essayer de donner une définition de la vie est peut-être vain. Tout reposerait peut-être sur l’acquisition de cette appartenance. La certitude que la vie est en nous, qu’elle respire au plus profond de notre être.
    Si l’on part d’un de ces principes, il peut se considérer comme un homme mort. Son coeur bat, mais il est un automate perdu au milieu de tant d’organes, inertes et inutiles. Une pompe, une simple pompe. Tout le reste est vain. Il ne se sent plus vivre, ne réfléchit plus, ne possède plus la moindre once de fierté, plus rien. Un ermite. Rien.
    Son apparence suit la même logique. De taille moyenne, on ne le verraitt pas dans la foule qu’il évite, d’ailleurs. Des cheveux bruns, des yeux noirs de jais qui trahissent une beauté froide, sans équivoque. Oui, il a déjà pu être qualifié d’homme séduisant, malgré sa carrure fine. Néanmoins, son allure se corrèle à son âme et à sa santé intérieure. Ancien esthète d’un monde qu’il aimait, rempli de personnes qu’il respectait, malgré tout. Ancien optimiste convaincu, sûr d’une chose : quoiqu’il qu’il arrive, tout finit toujours par s’arranger.

    Cette phrase, il se l’était répétée des dizaines de milliers de fois, comme pour s’en convaincre. Cette phrase faisait partie de lui, s’était incrustée à force d’être invitée. Elle l’habitait. Du moins, elle l’a habité, un temps, car aujourd’hui, en ce jour de printemps, rien ne l’habite plus. Marchant à travers cette nature abondante - seul paysage qu’il tolère dorénavant - il se sait plus vivant que jamais. Ôtant toute pensée, toute joie comme toute peine ; il vit simplement, au jour le jour. Certains diront qu’il a perdu tout ce qui faisait de lui un humain... d’autres, moins nombreux, penseront qu’il a réalisé ce que peu d’hommes ont réussi : la totale abnégation de lui-même, la paix intérieure poussée à son paroxysme.
    En l’observant, on pouvait penser ceci : qu’il ne réfléchissait même plus, et dans un sens, c’était le cas. Il ressentait d’avantage, ouvrant les yeux sur la beauté du monde, sur les vagues de lumière que propose chaque jour - spectacle gratuit - ce soleil réchauffant avec une douceur réconfortante, implorant le pardon d’une absence qui dura le temps d’une saison, réveillant tout ce que permit une beauté froide, glaciale et implacable et qui devenait, petit à petit, l’apanage d’un printemps magique, saison parfaite où tout est tempéré, ni trop ni trop peu, nuancé à l’extrême, intimidant tout être normalement constitué.
    C’est cela qui fut à l’origine de son départ : la décadence d’un monde où tout fuit, où tout nous échappe. Une civilisation faite de consommation, dont l’essence constelle de ce qui nous use. Un monde si compliqué, si confus, où l’être intelligent est le plus respecté, aux dépends de l’homme sage, de l’homme posé, de l’homme émerveillé.

    Un besoin constant de prendre le large s’était affermi au fur et à mesure de son dégoût de ce qui fait l’homme - et non pas de l’homme en lui-même.

    Néanmoins, au cours de cette fuite, la solitude prit le pas sur la souffrance qu’il avait due subir pour arriver à cet état. Il se sut homme parmi les hommes et rejoignit son destin. Il comprit que la naissance avait cette horrible force qu’elle nous privait à jamais de ce qu’elle ne nous donnait pas.

    Il comprit que ce qu’il avait vécu ne pouvait s’estomper, que cette éducation avait fait de lui l’homme qui l’habitait en ce moment, et qui l’habitera à jamais.

    Il comprit cependant, à travers cette fuite à destination de lui-même qu’on pouvait toujours faire quelque chose de ce qu’on a fait de nous, et que nos choix étaient plus importants et plus réels que n’importe quel autre concept.

    “Je te hais” avaient été ses derniers mots.

    “Je t’aime” furent ses premiers, quand il revînt parmi les siens.



Peinture de Joaquin Sorolla.
 
Par Anthony L.
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Mercredi 21 janvier 2009
   Nous sommes le soir, vous allez vous coucher, et vous avez mal. Vous ne savez pas vraiment pourquoi. Vous pensez à certaines choses, vous mettez le doigt sur tel événement qui vous a meurtri, tel outrage qui vous a offusqué, et vous haïssez le monde, en essayant de vous endormir.
   Pourquoi je subis tout ça ?
   Pourquoi les autres me font tant souffrir ?
   Et l’on s’endort en imaginant notre vie, qui serait sûrement meilleure si autrui était plus bon, plus altruiste, bienveillant et gentil. Mais s’apitoyer de cette façon nous rend-il plus heureux ?
   La télécommande à changer les autres... Quelle belle invention ! Pourquoi ne serions-nous pas coupable de ce que nous subissons ? À trop vouloir influer sur les personnes que nous côtoyons, nous nous perdons nous-mêmes. Car nous sommes responsables de beaucoup de choses. La perception et l’importance que nous accordons à ce que nous vivons est primordial. Telle personne nous fait du mal ? Au lieu de vouloir la changer, pourquoi ne pas faire un effort et le lui dire, et travailler sur soi pour ne pas en souffrir.
   Ce sont nos actes qui comptent. Nos choix.
   Cela compliquerait moins nos vies.

   Au lieu de pleurer la nuit, regardez-vous. Au lieu de critiquer, de vouloir changer les autres, regardez-vous. Essayez de voir ce que vous pouvez changer en vous. Le bonheur n’est accessible qu’à cette condition. Les autres sont ce qu’ils sont, et nous ne pouvons ni n’avons le droit de les changer. Il faut les aimer pour ce qu’ils représentent, et faire en sorte d’être heureux en faisant marcher la télécommande sur notre personne.

   Alors peut-être serons-nous plus heureux. Nous verrons que l’homme n’est pas par nature si mauvais qu’il en a l’air, et qu’il nous rendra tout ce que l’on lui donne. Et alors nous verrons la vie comme elle se montre à nous depuis le début : simple. La souffrance qu’elle nous envoie à la figure n’est que la conséquence d’une mauvaise gestion de nous-même. Si nous arrivons à faire ce chemin, ce travail personnel, alors nous verrons la vie telle qu’elle est.

   Parce que la vie est belle, malgré tout.

   Si l’on met du nôtre, tout s’arrangera. J’en suis sûr.

   Il faut juste faire des choix. 
 
Par Anthony L.
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Vendredi 31 octobre 2008
Par Anthony L.
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Lundi 27 octobre 2008

 
Voilà ce que ça donne quand on s'ennuie dans le train et qu'on s'amuse à retoucher (le mot est grand !) quelques photos ^^

Par Anthony L.
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Mercredi 23 avril 2008





Aucun autre commentaire... la vidéo parle d'elle même, et suffit à raconter ce que je veux :-)
 
Par Anthony Leclerc
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Présentation

Extraits

- Ma colombe ! - et que ces mots avaient donc besoin de t'être rendus ! - Rien ne vaut d'être tenté que le goût de tes lèvres ne pourrait accomplir, et l'on peut peut-être vivre loin d'elles, mais à la manière d'un exil... (Les Clowns Lyriques, de Romain Gary).

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